Diagnostics et confusion

Je viens donner ici des nouvelles de Marianne. Pour ceux qui ne nous connaissent pas, voici un récapitulatif des évenements. Marianne est ma fille agée de tout juste 6 ans et, qui, en quelque sorte, est à l’origine de la découverte de mon autisme. A 2 ans, elle rencontrait un psychiatre spécialisé dans les TSA (troubles du spectre autistique)  qui nous conseillait de la faire voir par une pédopsychiatre du CRA. A ses 3 ans, j’obtenais mon diagnostic d’adulte atteint du syndrôme d’Asperger. Enfin, à ses 4 ans, elle fut diagnostiquée haut potentiel intellectuel avec un QI proche de 140. Quand est-il aujourd’hui de son diagnostic d’autisme Asperger?

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Aspergirl, ce que je ne vous dis pas…

muet, pas un mot

J’ai appris au fil des ans, à coup d’essais et d’erreurs qu’il y avait une liste quasi infinie de choses qu’il valait mieux ne pas dire, pour ne pas paraitre excentrique, pour ne pas vexer, pour ne pas faire de la peine, pour ne pas passer pour prétentieuse. Voici la mienne:

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L’élement déclencheur

La naissance de ma fille fut le plus beau jour de ma vie. Je ne pensais jamais dire cela un jour car c’est tellement  » cliché ». Toutefois, j’ai vécu cette arrivée comme un miracle aussi douloureuse que fut sa mise au monde. Sans doute parce que j’ai bien cru cette nuit là que j’allais mourir tant l’accouchement se passait mal. La peur de la mort mélée à la merveille de la vie. S’en est suivie une année que j’appelle  » la twillight zone ».

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Elever son enfant en étant autiste Asperger, comment faire au quotidien sans criser??

roof walk

Comment ne pas perdre l’équilibre et ne pas craquer au quotidien quand on est mère autiste?

Être maman et avoir un travail à temps plein, ce n’est pas chose aisée: il faut savoir s’organiser. Être maman, avoir un emploi à plein temps et être autiste Asperger, c’est encore plus difficile car il faut à tout prix éviter la surcharge émotionnelle et sensorielle. Dans cet article je vous donne les astuces qui me servent à pouvoir passer une journée sans que celle-ci ne finisse en crise ou en meltdown. Donc voici ce que je fais au quotidien pour minimiser le risque d’apparition des symptômes autistiques causé par le stress anxiété de la journée. En résumé, avoir une vie saine et en faire le moins possible.

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Un an après ma rencontre avec le syndrome d’Asperger

Il y a un an, je passais la porte du cabinet du Dr Psy et à la question « qu’est-ce qui vous amène dans mon cabinet? », je répondais à moitié en larmes : » je crois que je suis atteinte du syndrome d’Asperger ». Aujourd’hui qu’est-ce qui a changé?

 

Trouverais-je la paix intérieure?

Trouverais-je la paix intérieure?

TOUT A CHANGE

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Une médaille pour les Asperger, aspergirl, aspie qui ont passé une journée normale

Une médaille pour encourager les efforts des autistes Asperger

Une médaille pour encourager les efforts des autistes Asperger

Je faisais part récemment à une personne de mon entourage qu’il était difficile pour moi d’être en vacances pendant une semaine avec deux enfants du fait de leur sollicitation permanente. J’ajoutais que lorsque j’avais réussi a passé une journée sans faire de crise de pleurs ou  sans avoir eu besoin de tout contrôler, j’aurais aimé qu’on le remarque et qu’on m’encourage. Sur ce, la personne m’a répondu : « Mais qu’attends-tu Aspipistrelle? Qu’on te donne une médaille parce que tu as passé une journée normale? Et moi, on ne va pas me donner une médaille parce que j’ai contrôlé mes pulsions et que je n’ai pas tué mon voisin! ».

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Chronique d’un « meltdown » annoncé

Voici l’histoire courante de moi pleurant dans les toilettes lors d’un anniversaire.

Aujourd’hui nous avions 13 personnes à la maison, toute la journée pour fêter l’anniversaire de la première fille de mon conjoint. Les jours précedents, nous avions pris le temps de tout bien préparer afin de ne pas avoir à courir partout. Je sentais que je gérais plutôt bien les conséquences qu’un tel évênement engendre à savoir, le besoin de plus d’épicerie, la modification de la disposition du salon, la préparation de nombreux plats et le nettoyage poussé de la maison pour qu’elle soit acceuillante. Jusque là, je me sentais calme et loin de la surcharge. Pendant le repas, j’étais gentille avec les enfants (au nombre de 6), je servais les invités et intervenais dans la conversation entre deux apéros.

Après que le repas soit terminé et que la table du salon soit débarassée, je me dirige vers la cuisine pour faire la vaisselle. Mon conjoint me rejoins ainsi que ma belle-mère qui me demande si j’ai besoin d’aide. Dans ma belle famille, il est de coutume de se retrouver à 4-5 dans la cuisine à laver, essuyer et ranger la vaisselle tout en continuant à bavarder. Je connais cette « coutume » que j’apprécie même souvent et qui permet de répartir le travail et de gagner du temps. Toutefois, je réponds sechement à ma belle-mère que je vais me débrouiller. Puis ma belle-soeur propose à son tour son aide. Tout commence à devenir flou dans ma tête, je la renvoie tout aussi sèchement au salon. Ma belle-mère revient et demande quel torchon elle doit prendre.Je lui parle alors suffisamment grossièrement pour qu’elle ait comprenne le message et qu,elle ne revienne plus. Mon conjoint, qui a assité à la scène, se met alors en colère et me demande ce que je suis en train de faire, me demande pourquoi je n’accepte l’aide de personne alors que la cuisine est sens dessus dessous. Je ne comprends pas pourquoi il ne voit pas que j’ai besoin d’être seule et que faire la vaisselle SEULE, loin de ce brouhaha me serait salutaire et m’éviterait une crise due au surmenage. Une tempête émotionnelle que je connais trop bien m’envahit. Je jette le torchon et me dirige vers l’entrée. Je veux m’enfuir. Je mets mes sandales, je veux quitter les invités, cette maison et courir.

La communication entre un autiste et un neurotypique est souvent conflictuelle.

La communication entre un autiste et un neurotypique est souvent conflictuelle.

Mais maintenant que je suis une aspie expérimentée, c’est à dire, adulte, je sais que la maîtresse de maison ne quitte pas ses invités en plein milieu de la fête et qu’une belle mère ne doit pas gacher l’anniversaire de sa belle fille avec un comportement incompréhensible. Je me réfugie donc aux toilettes où je pleure en silence et tente de rectifier mon maquillage car je sais que je vais devoir retourner à la fête comme si rien ne s’était passé, comme si je n’étais pas autiste. Mon conjoint toque à la porte et me demande, à voix douce de sortir. Une voix qui veut dire: vient, on fait la paix. J’ouvre et j’essaie de cacher que j’ai pleuré. Il me demande pourquoi je me comporte ainsi et je lui dis que c’est à cause de mon autisme, que j’étais en surcharge sensorielle mais que je ne l’ai pas senti arriver. Il me prend dans ses bras, je sais alors que la tempête est passée. Nous étions tous les deux malheureux : lui, de n’avoir pas détecté que mon comportement pouvait résulter de mon syndrome et moi, de l’avoir tant déçue par mon comportement envers lui et les membres de sa famille. Il m’a dit qu’il fallait que lui parle et lui explique en douce quand je sentais que je n’allais pas afin qu’on trouve une solution et qu’il temporise mon absence si nécessaire. De son point de vue, j’avais commencé à agir de manière incompréhensible, désordonnée, sans aucun sens. Je lui ai répondu que ce qu’il avait vu, c’était moi, l’autiste sans contrôle sur mon autisme…