Chiasse

silhouette of happy young woman on a swing with sunset background

Chiasse.

C’est le mot que je répète depuis le début de la semaine. Inlassablement. Quelle en est la raison? Sont-ces les premières manifestations de la folie? Je me dis « chiasse chiasse chiasse » dans la tête, chaque jour depuis six jours. Pourquoi? J’ai envie de le prononcer tout haut pour le faire sortir de ma boîte crânienne mais je n’ose pas de crainte qu’il salisse ma bouche en passant.

Le temps passe et toujours chiassechiassechiasse!

Ma voix intérieure lui donne vie, lui laisse la place. Au fil du temps, cette voix n’est plus la mienne mais une voix masculine, celle de mon père. Je comprends alors que c’est un fantôme, un mot qui revient du passé.

Lire la suite

Publicités

To my ex’s next girlfriend

Searching for peace. 

 

La version française de cet article est à retrouver ici.

It has been four months since my husband and I split up. My house is not yet sold. My ex-husband still leave there with half of our furniture. I drop my daugther off there every two week-ends. Every two weeks, I ring the bell of my own house, I say hi to my ex which sounds weird. When I get into the house, I feel like I am a stranger to my own life. I have a glimpse around and can recognize some familiar pieces of furniture, the doormat on which I used to wipe my feet after a hard day at work. Then, I firmly hug my daugther while automatically saying « see you in a couple of days, sweetheart » and I get back into the car. I drive away from my dream house, away from this fairy tale that I built brick by brick by means of huge efforts and hard work: a happy family, warm home, financial comfort, deep and inconditional love. After many weeks, I get used to drive away my own house,  feeling this intense sorrow fading away while pushing the gas pedal.

Lire la suite

Lettre A La Nouvelle Compagne De Mon Ex-Mari

Searching for peace. A la recherche de la paix intérieure

Cela fait quatre mois que mon mari et moi sommes séparés. Ma maison n’est pas encore vendue, j’y dépose encore ma fille un week-end sur deux. Je dois alors sonner à la porte comme une étrangère à ma propre vie. Je salue mon ex-conjoint cordialement, artificiellement. Je rentre et d’un coup d’oeil, je retrouve quelques meubles familiers éparses, le paillasson sur lequel chaque soir auparavant, j’essuyais mes pieds laissant ainsi mes soucis de la journée sur le pas de la porte. Je repars ensuite en saluant poliment, sans manquer d’étreindre très fort ma petite Marianne. Je remonte en voiture et jette un dernier regard à la façade de la maison de mes rêves. Rêves anciens de famille heureuse, de confort financier, d’amour inconditionnel. Avec la répétition, je me suis habituée à ressentir ce pincement au coeur, un week-end sur deux. Ce pincement qui s’estompe en un coup de pied sur l’accélérateur.

Lire la suite

F**k Aspergers

Sorry, this post’s title is rude but you know what? This is my space and I just want to shout loudly: f*ck Aspergers.

Today is one of these days when I’m tired of being an aspie. Being autistic defines who I am, what I can not do (a lot). Having Aspergers makes me exhausted all the time…

That doesn’t mean I don’t accept myself. I’d just like to press the OFF button to turn  my handicap off and feel free to be without thinking ahead how to avoid a meltdown or a shutdown.

 

Today is one of these days I hate being autistic. That’s all I want to say.

F*ck Asperger

Je sais, le titre n’annonce rien de bon. Et cet article ne sera pas de la grande littérature. Je m’en contrebalance ce soir. Ici, je peux poser mes bagages et  hurler: Asperger va te faire fou..e.

Il y a des jours où j’en ai ras le bol d’être Aspi. Avoir le syndrôme d’Asperger me limite, m’épuise, me tourmente. On a beau s’accepter comme on est, il y a des jours où on aimerait dire stop, mettre le handicap sur pause.

Un point.

C’est tout.

L’Idiote

Young lonely woman with umbrella drifting on boat after storm surrounded by sharks

Quelle belle balade sur le lac! Quoi, des requins? Où ça?

L’idiote, c’est moi…

Oui, comme le prince Mychkine, fameux personnage de Dostoievski, je pardonne facilement toutes les trahisons, toutes les cruautés dont je suis la victime, invariablement.

Lire la suite

Réaction face aux changements

Mon conjoint m’annonce que nous ne partirons pas à la mer la première semaine d’aout mais la deuxième.

Quinze minutes plus tard, je me mets dans une colère noire car ma fille de 3 ans ne veut pas aller faire pipi avant de partir au supermarché. Jusque là, elle avait été adorable toute la matinée.

Est-ce que ceux deux évenements sont liés? Je pense que oui. Je pense que j’ai mis du temps à traiter la première information qui implique un chamboulement du schéma chronologique que j’avais mis du temps à élaborer. cela m’a fortement perturbé intérieurement sans que je le réalise vraiment. Il a fallu une petite contrariété pour que j’éclate et ma fille en a fait les frais. Si cette scène s’était produite avant que je connaisse mon autisme, je n’aurais pas compris cet excès soudain de colère. Je m’en serai voulu et aurais pensé que je suis une mauvaise mère et que je dois me faire interner pour méchanceté permanente et accès de violence. Je m’en serai voulu toute la journée voire les jours suivants et aurais déprimer. Aujourd’hui, je commence à connaître les déclencheurs des colères et tente de les apprivoiser. J’écris ce blog pour en parler et les exorciser. Maintenant que je connais le syndrome, je vais pouvoir expliquer à ma fille que je me suis mise en colère et que je n’aurais pas du et je vais passer le reste de la journée à essayer d’être la meilleure maman du monde. Le diagnostic permet cela, de prendre conscience de ses actes, de les comprendre et d’apprendre à les maîtriser. Il permet aussi de pouvoir expliquer à ses enfants, aux autres membres de la famille pourquoi nous pouvons agir de façon si incontrolée et disproportionnée. Pardon ma petite chérie, je vais faire de mon mieux pour te faire oublier cette vilaine colère.