L’ Autre est Autre POINT

Comme il existe différents modéles de voiture (le break ou SUV, la petite compacte, la Lamborgini…), il existe différents modèles de cerveau livrés à la naissance. Ainsi, nous ne naissons pas tous égaux en matière de fonctionnement cérébral. C’est le plan élaboré par la nature pour s’assurer de la pérennité de l’espèce humaine. C’est ce que certains appellent la neurodiversité et d’autres l‘inné.

 » C’est le plan élaboré par la nature pour s’assurer de la pérennité de l’espèce humaine. »

En fonction du modèle de voiture que l’on possède, on ne va pas faire les mêmes activités. Ainsi, la petite compacte sera plus adaptée à une circulation en ville et le SUV à transporter une famille pour les vacances. De la même façon, les personnes se tournent vers certaines préférences en fonction du modèle de cerveau qui leur a été livré à la naissance. Bien que ces préférences apparaissent comme des choix délibérés, elles ne traduisent qu’une façon d’utiliser ses capacités cérébrales de façon optimale. Finalement, ceci est bien traduit par certains adages populaires comme « il n’est pas fait pour les maths ».

« il n’est pas fait pour les maths ».

Nos préférences, nos choix, nos façons d’interagir avec les gens, notre environnement sont les manifestations externes que les autres peuvent perçevoir du fonctionnement de notre machinerie cérébrale.

Si on utilise une petite voiture pour courir les 24 heures du Mans, l’échec est assuré. Par contre, s’il s’agit de se faufiler dans le trafic urbain ou de se garer sur des emplaçements restreints, cette dernière sera plus performante qu’une voiture de course. La petite voiture à la petite cylindrée est inadaptée à la course cela ne signifie pas que l’on doit la mettre à la casse. De plus, utiliser la répétition en pensant qu’à force de faire des tours, on la rendra plus rapide est inefficace.

Il est temps pour l’humanité de bien comprendre que nous ne sommes pas tous livrés à la naissance avec le même modèle de cerveau. Il est temps que la recherche démontre ces différences non pas seulement dans le cadre de troubles (du comportement, du spectre autistique, de l’apprentissage…) qui ne sont que des cas particuliers mais au sein de la population en général afin de dégager des tendances et mettre le doigt sur les aptitudes résultant en des préférences. L’objectif étant d’adapter la société à chacun de ces modèles à travers son modèle éducatif, son environnement sensoriel, ses actions à l’embauche ou plus simplement et aussi offrir des alternatives à chacun des modèles plutôt que de créer une structure qui n’est adaptée qu’au modèle dominant.

De plus, cela permettrait d’atténuer la notion d’intention ou de volonté derrière les comportements dits problématiques (hyperactivité, opposition, rigidité au changement…).

Les troubles du comportement, de l’apprentissage, du spectre autistique sont des cas particuliers d’utilisation de fonctions cognitives forcées. Ils sont la conséquence d’une utilisation inapropriée du modèle cérébral. C’est comme demander à une Mini de transporter une famille de trois enfants en vacances au soleil à l’autre bout de la France, valises, parasol, glacière er chien inclus. Certaines entreprises recrutant les personnes autistes ont bien compris cela. Les autistes apparaissent inadaptés dans une société dont l’architecture a été fondée pour répondre aux préférences naturelles du modèle majoritaire. Par contre, ils sont excellents dans certains domaines qui exploitent leurs fonctions cognitives les plus developpées et dont l’emploi leur est naturel. Par analogie, les autistes sont des Smart qui doivent se déplacer sur des circuits bouclés de formule 1.

« Il est temps de changer de paradigme et de faire passer le message au plus grand nombre: nous ne sommes pas tous livrés avec le même modèle de cerveau à la naissance. « 

Certes, le cerveau est plastique et peut-être reconnecté dans certains cas particuliers en le soumettant à des exercices répétés nécessitant parfois plusieurs années de réeducation. Cela augmente-il le bonheur de la personne soumise à un tel exercice si celle-ci n’a pas donné son aval pour cette réeducation? Cela augmente-il le bonheur de la personne accompagnante souvent impatiente de voir des résultats immédiats?

Attention, il ne s’agit pas de justifier les mauvais comportements et d’excuser toutes les attitudes. Considérer la neurodiversité n’empêche pas d’inculquer à tous la notion de bien et de mal, de respect d’autrui et des règles de la société. Que l’on conduise une Smart ou une Formule 1 sur un circuit, on respecte le feu rouge et on ne pousse pas le concurrent dans le fossé pour gagner la course. De même, il ne s’agit pas de balayer la notion d’acquis à savoir que les expériences que nous vivons nous façonnent et teintent notre personnalité. Il ne s’agit pas non plus d’écarter nos valeurs dans la prise en compte de nos décisions personnelles. Tous nos comportements ne s’expliquent pas uniquement par le modèle de cerveau reçu à la naissance, le problème est plus complexe mais je parle de nos préférences, de nos aptitudes cognitives naturelles.

Mettez un enfant devant un livre de maths pendant douze heures par jour, vous n’en ferez pas un génie. Il est fort probable qu’il développe même des troubles du comportement en réponse à la sollicitation de fonctions cognitives peu développées (le raisonnement abstrait).

Appliquons cela aux personnes autistes à haut degré de fonctionnement (comprendre à haut degré de fonctionnement dans une société construite pour un modèle cérébral particulier, différent du leur)  telles que les femmes autistes. Les demandes de se conformer à la norme est une véritable torture cognitive résultant souvent en de terribles maux comme la dépression, l’anorexie ou encore même le suicide . Elles n’ont pas le même modèle de voiture que la plupart. Et même, si on leur demande d’ouvrir leur garage, on pourra remarquer qu’elles n’ont pas toutes le même modèle non plus.  Ce qui est constructif, c’est d’essayer de voir à quoi leur véhicule peut être employé. Si elles possèdent une camionnette, peut-être peuvent-elles assurer la livraison des pneus et pièces détachées des voitures de course afin de les inclure dans la dynamique de la société.

« Généralisons à tout être humain cette notion de l’existence de modèles cérébraux pour le bonheur et l’inclusion de tous. »

Généralisons à tout être humain cette notion de l’existence de modèles cérébraux pour le bonheur et l’inclusion de tous. Cette mise en perspective de l’hétérogénéité humaine ouvrira à l’inclusion et au bonheur de tous.Il est fort probable qu’une majorité,tendance,  une norme s’en dégagera. Cependant, celle-ci ne doit pas imposer sa structure et ses méthodes aux modèles les moins répandus. Ceci aura pour conséquence l’émergence d’une société plus riche, plus juste.

 » Ceci aura pour conséquence l’émergence d’une société plus riche, plus juste. »

Les neurosciences sont en train de démontrer cela mais en tant que citoyen, prenons de l’avance!

Pour ma part, en me comparant aux autres et en ignorant cette notion d’hétérogénéité cérébrale, j’ai longtemps cru que mon mode de fonctionnement était défectueuse et j’ai essayé de m’en débattre le plus possible. J’ai essayé d’être plus « terre à terre », plus pragmatique, moins dans la Lune, plus dans l’organisation et dans l’utilisation de mes sens, à moins penser au futur et plus au passé, aux souvenirs. J’ai lutté des années contre ce mécanisme de réflexion profonde qui m’était pourtant naturel afin de me conformer au modèle majoritaire. La conséquence en a été catastrophique. Aller contre mon fonctionnement intellectuel naturel m’a amené dans des bas-fonds dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Des fonds noirs, silencieux où le corps tout entier ne peut plus bouger. Depuis que je m’autorise à nouveau à utiliser cet outil formidable, à voir se forger mes images mentales qui créent du sens, je n’ai jamais été aussi productive, aussi ouverte aux autres. C’est finalement cela qui fait de moi une écrivaine et une chercheuse. Ce sont ces divagations, ces élucubrations, ces ruminations permanentes qui n’ont aucun sens pour la majorité mais qui me permettent d’écrire et de créer aujourd’hui en toute sérénité.


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