Mauvaise autiste

J’ai appris il y a peu que je n’étais pas neuro-typique

Et puis, pas surdouée non plus

Je n’ai pas de don particulier

Je n’ai pas de mémoire d’éléphant

Je ne suis pas dans ma bulle

Je ne manque pas d’empathie

Je sais ce que sont les émotions, même toutes et puis avec intensité

Je suis une femme aimée de mon mari depuis 10 ans

Je sais ce qu’est l’amitié, j’ai réussi à entretenir une amitié de 30 ans

Je sais faire un discours devant un amphi rempli qui touche mon auditoire au coeur

Je sais être une mère aimante, attentionnée, prévoyante et caline

Toutes ces capacités font que je ne colle pas à liste standard des symptômes du syndrôme d’Asperger. Je ne colle pas à l’image que se font les gens d’une personne autiste. A leurs yeux, je ne suis pas une vraie autiste.

Suis-je donc une mauvaise autiste?

Plus d’une fois, j’ai du argumenter et mettre mes tripes à l’air pour convaincre les plus sceptiques. Je ne le ferai plus. Aucun neurotypique ne s’est jamais mis autant à nu pour me prouver qu’il était quelqu’un de normal. Réfuter mon diagnostic, c’est me nier. Une personne qui me nie, je la laisse dire et passer son chemin. Je conserve ainsi mon énergie pour d’autres combats.

 

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23 réflexions sur “Mauvaise autiste

  1. Merci de partager toutes ces tranches de vie.
    J’ai évoqué auprès de proches que je me questionnais sur le fait d’être « éventuellement » asperger, les réactions ont effectivement été catégoriques. « Mais enfin, je connais un asperger, et je peux te dire que tu n’es pas asperger »…. Depuis je ne l’ai plus évoqué… J’imagine que ca épuise de devoir se « démontrer » à chaque fois.

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    • Bonjour Amandedouce et bienvenue sur ce blog.

      Je vous remercie pour votre commentaire.

      Êtes-vous toujours en questionnement? Avez-vous entrepris des démarches pour un diagnostic malgré tout?

      Bon courage à vous,
      Chaleureusement,
      Aspipistrelle

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      • Bonjour Aspipistrelle,
        Merci de votre réponse. Oui je suis en plein questionnement sur le syndrome d’Asperger et sur la douance. Je me reconnais dans les deux et nous nous questionnons aussi sur la douance de mes enfants et de mon mari. Ce qui est sur, c’est que nous sommes plusieurs dans ma famille à être « a part » (mon père, mes enfants, mon neuveu, ma nièce, mes tantes…. et moi !) Je me suis rapprochée d’une psychologue mais depuis j’ai repris le travail et j’ai mis les demarches en suspens, il faut vraiment que je m’active. Si je n’arrive pas à m’y remettre, c’est qu’au fond j’hésite sur la nécessité de me faire tester (ou si je suis plus honnete… j’ai la frousse de me faire tester, je ne sais pas ce qui serait pire, qu’on me dise que je le suis ou que je ne le suis pas… )
        … la psy m’a demandé par où je souhaitais commencer, je n’ai pas su répondre… en attendant, je lis…
        A bientôt au fil de vos pages,
        Amandedouce

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    • Heureusement que votre entourage est qualifié pour dire si vous êtes asperger ou non ! plus que le CRA ! c’est de l’humour, je préfère le dire, car mon humour n’est JAMAIS compris, je tente ma chance avec vous, je le dis avec bienveillance. Oui, quelle solitude, quel combat vous avez ! Même les médecins s’en mêlent : « mais vous n’êtes pas Rainman et vous n’avez aucun don spécial ! », sans se préoccuper de connaître mieux le patient.

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  2. Oui. C’est épuisant et humiliant. C’est ajouter des difficultés à une particularité déjà bien lourde à porter, alors que depuis toujours on fournit des efforts pour se mettre à la portée des autres. Et au lieu de nous féliciter pour nos succès (notamment le fait de réussir à dissimuler nos spécificités), on nous reproche précisément cette « réussite », ces petites victoires gagnées au prix d’énormes sacrifices qui nous usent.

    C’est pourquoi, arrivés à un certain âge (et un âge certain aussi !), on n’a plus envie de fournir ces efforts antérieurs, et on laisse de plus en plus nos traits autistiques ressurgir dans leurs manifestations visibles. C’est alors que devoir subir ces injonctions de se justifier peut générer de la colère. Plus je vieillis, plus tout cela m’irrite, moins je fais de concessions, moins je me fais violence aussi.

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    • Bonjour Blandine et merci pour votre message.

      Je crois que je suis en train de suivre vos traces! J’ai de plus en plus envie d’être moi sans honte, de mettre mes mains sur les oreilles quand je croise un scooter, de sautiller de joie quand quelquechose me plaît. D’ailleurs, je fais de plus en plus mon « coming out » et cela me fait un bien fou, cela me soulage.

      Au plaisir de vous lire sur votre blog,
      Aspipistrelle

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      •  » mettre mes mains sur les oreilles quand je croise un scooter, de sautiller de joie quand quelquechose me plaît »
        Sérieusement ? Vous ne pouvez pas vous permettre çà ?

        Au secour, dans quel monde vit-on !

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  3. Tout pareil (sauf que je suis surdouée). Le commentaire de Blandine est bien intéressant aussi. On dirait que l’âge nous fait toute aller dans la même direction. Peu de gens de mon entourage me comprennent. J’ai eu mon diagnostique suite à l’épuisement que m’a causé la naissance de ma fille. J’ai depuis bien repris le dessus, mais dans mon entourage, seul mes parents ont compris ce que cela impliquait d’être autiste, et m’on aidé. J’en ai beaucoup voulu à ceux qui se disaient être mes amis, car aucun ne s’est renseigné sur ce que c’était et jamais on ne m’a proposé de l’aide (et comme je suis une asperge, je n’ai jamais su en demander). Je pense que si je m’étais retrouvée en fauteuil, aveugle, ou autre, mon entourage n’aurait pas du tout réagis de la même façon. Les réflexions ont été de l’ordre de : « est-ce qu’on n’est pas tous un peu autistes ? » (grrrr), « mais tu crois pas que c’est quelque chose que tu t’es mis dans la tête, un peu comme une dépression, ça va passer » ou pire « faudrait que t’arrêtes un peu de vivre que par rapport à ta maladie » (sous-entendu : tes signes autistiques, sont dus au fait que tu te renseignes « trop » sur le sujet… ^^ voilà, voilà. Donc, comme je me renseigne aussi beaucoup sur le jardinage, je vais peut-être devenir une plante, attention ! 🙂 ).
    En fait quand je faisais mon coming-out, les gens développaient une sorte de curiosité que je trouvais bizarre car à la fois je les sentais intrigués, et à la fois indifférents (un peu comme si je leur disais que je trouvais mon nez trop gros : c’est rigolo mais c’est pas vrai et ça va me passer.). Pour ceux qui faisaient l’effort de me demander de quoi il s’agit exactement, je me retrouvais un peu comme une aveugle de naissance obligée de décrire une couleur. Ensuite j’avais l’impression qu’ils avaient tout compris, (c’est-à-dire que je me prend bien la tête pour un truc sans importance) et quand je les revoyais la fois d’après, ils avaient tout oublié et mettaient ma façon de me comporter sur le compte d’une extravagance assumée (alors que je suis tout ce qu’il y a de plus banal, j’ai des goût de personnes âgées et ma confiance en moi n’est pas vraiment au top 😉 ).
    Bref, je suis comme vous, j’ai totalement lâché l’affaire. J’en suis arrivée à la même conclusion et pour reprendre les termes de Blandine « plus je vieillis, plus cela m’irrite, moins je fais de concessions, et moins je me fais violence » et j’ajouterai que du coup, moi qui était une personne hyper sociable avant, je deviens chaque jours de plus en plus « sauvage » et ça me convient beaucoup mieux.
    Si d’autres asperges ont réagis différemment en vieillissant, ça m’intéresserait vraiment de savoir de quelle façon, car j’ai vraiment du mal à imaginer une autre issue.

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    • Je ne suis pas une fille, mais je voudrais dire tout simplement qu’avec le temps on découvre qu’on a besoin d’être aimé pour ce qu’on est.

      Avec le temps on découvre que nous n’avons jamais voulu cacher qui nous étions, que nous n’avons jamais voulu forger une fausse image de nous, mais que par tous nos efforts faits pour les autres, par tous les efforts faits pour satisfaire les exigences des autres, les autres ne nous ont en réalité jamais rencontré en vrai. Un jour on découvre que les autres n’ont connu que le fruit de nos efforts faits gracieusement pour eux. Nous n’avions jamais voulu nous cacher, mais par tous nos cadeaux, nous ne nous sommes jamais présentés les mains vides.

      Avec le temps, et les blessures aussi, on découvre qu’il est une exigence que nous ne pouvons taire en nous : nous avons besoin d’être aimé pour ce que nous sommes, et qu’il y a des efforts auxquels il faut renoncer, des renoncements auxquels il faut renoncer, pour offrir à l’autre la grâce de nous aimer pour ce que nous sommes, pour donner à l’autre la grâce de ne plus seulement apprécier le fruit de nos efforts qui nous cachent, mais de nous aimer en vérité dans notre être.

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      • Bonjour illwieckz,

        Je vous remercie pour vos mots justes, bien posés sur le situation.

        Il font du bien à lire.

        Merci d’être passé par là et d’avoir pris le temps de vous arrêter et de partager vos pensées.

        Chaleureusement,
        Aspipistrelle

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    • Bonjour Wonder Asperge,
      J’ai l’impression que ceux qui vous ont fait ces commentaire mal placés font aussi partie de mon entourage car je les ai tous eu également! On devrait faire une liste des commentaires types suite à un coming out Aspie ;-). On m’a même dit que c’était moi qui rendait ma fille autiste :  » tu crois pas que c’est à cause de toi qu’elle est comme ça? Elle imite sa mère! ». Ah tiens, je n’y avais pas pensé à ça!

      J’aime beaucoup votre remarque sur la lecture sur le jardinage et la transformauen plante! Ca m’a fait rire tant c’est absurde effectivement!

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  4. Bonjour.
    Votre article me touche tout particulièrement.
    Père d’un jeune Asperger de 14 ans, nous avons eu un diagnostic tardif (à 9 ans) alors que nous, parents, avions vu sa différence à ses 1 an.
    Depuis, nous passons d’une équipe soignante à l’autre, pour 1 ou 2 ans.et à chaque fois c’est le même scénario.
    On les met en garde, on les prévient, mais notre fils ne rentre dans aucune case bien définie.
    on nous dit a chaque fois « on a jamais vu ça », et on remet en cause le diagnostique.
    Après 1 an a ne rien comprendre, et une année a tenter de repérer des schémas psychologiques classiques, on nous le rend … « Nous avons tout tenté, on lui a donné toutes les clés, mais il ne veut pas ouvrir les serrures », ou bien « Nous pensons que son autisme s’est atténué, et qu’il a fait place a des problèmes de confrontation et de frustration ». ils persistent a traiter l’autisme comme un problème purement psychologique… et ca ne fonctionne pas.

    Pourtant tout est la, stéréotypies, centres d’intérêts restreints, les réactions « non conformes aux codes sociaux usuels » , des phobies étranges (les boutons dans notre cas)… de grandes difficultés à analyser les sentiments et penses des autres, une incompréhension du non verbal … une intelligence parfois immense, et des difficultés incompréhensibles face à des choses simples.

    Le diagnostique a été confirmé a plusieurs reprises. on a fait des bilans, participé a des conférences, parfois meme en tant qu’intervenant …
    Nous sommes dans plusieurs associations et jamais personne n’a remis en doute mon petit aspi.

    Sauf que dans les centres de soin, les « spécialistes » sont incompétents face a l’autisme.
    Manque de formation en france ? manque d’information pour le grand public ? manque d’écoute des parents et des enfants concernés … des adultes autistes, puisque un enfant, ca grandit …

    Rien ne semble bouger, et nous, parents, nous sommes toujours seuls au final face aux difficultés.
    On nous aide un temps, on nous promet des choses, … et 1 an après, nous sommes au meme point qu’avant … ou pire, on régresse !

    Que deviendra notre fils sans nous ? c’est notre grande angoisse !

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  5. Bonjour, je fais des recherches actuellement sur l’autisme chez les femmes, après être tombée par hasard sur la vidéo d’une femme asperger j’ai eu des doutes énormes sur moi même.
    J’en suis au tout début mais ces réactions que vous évoquez, je les ai vues tant de fois avec d’autres personnes, IRL mais aussi sur le net, que je pense qu’il me faudra des années avant d’avoir le courage de pousser jusqu’au bout et tenter d’obtenir le diagnostic. Voire je n’aurais jamais le courage.

    Je voulais aussi souligner l’hypocrisie de ce type de réaction, mon propre père est autiste (plus précisément toute la ribambelle de psychiatre, psychologues, neurologues qu’il a consulté depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui disent qu’il a tous les symptômes de l’autisme, qu’il se situe dans le spectre autistique, comportement autistique, forme d’autisme, noyau autistique, etc, mais ne posent pas le diagnostic définitif pour le préserver d’une possible perte de son emploi) et la réaction de ma famille c’est « on est tous un peu autistes », « il est juste un rêveur », « C’est quoi autiste ? Être timide ? rires », et plein d’autres du même acabit.
    Mais il a eu un accident de voiture et a été hospitalisé quatre jours (il va très bien aujourd’hui), et tout d’un coup ma famille ne voyait plus mon père du même œil. On m’a passé un savon monumental pour ne pas m’être rendue à l’hôpital immédiatement (j’avais pas de voiture, j’ai du attendre le lendemain pour que quelqu’un m’y emmène), parce que si il est tout seul les médecins vont le croire abandonné, sans personne pour s’occuper de lui et il sera placé dans un hôpital psychiatrique ou un centre pour handicapés et on profitera de sa faiblesse mentale pour le dépouiller de ses affaires et de son argent.
    Est-ce que ma famille aurait imaginé un truc pareil s’ils pensaient vraiment que mon père était tout-à-fait neurotypique ? Non.
    Voilà ça m’écœure.

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    • Bonjour Freya,

      Il est parfois difficile d’affronter les médisances des membres de sa famille.

      Je comprends pour votre père car le mien aussi présente tous les symptômes d’un aspi en bonne et due forme. Il a été hospitalisé il y a un an environ suite à un AVC. J’ai tenté d’expliquer au médecin que sa confusion pouvait être du à son autisme mais celui-ci ma répondu que, de toutes façons, il était trop tard pour un diagnostic et que cela ne changerait rien pour lui. On essaie de soigner ses désorientations et ses trous de mémoire à coups de cachets mais je suis sûre que si on considérait son autisme, on pourrait éviter beaucoup de ces produits chimiques.

      Si votre père est diagnostiqué, je ne pense pas qu’il perde son travail car il n’est pas obligé de parler de son handicap à son employeur. Il peut cependant faire la demande de RQTH ( reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) ce qui lui permet, s’il le souhaite, d’avoir un aménagement de poste et même de parter plus tôt à la retraite!

      Je connais des hommes qui ce sont faits diagnostiqués après 50 ans.

      Je vous remercie pour votre message et vous souhaite bon courage pour la suite.

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      • Merci de m’avoir répondu ! Je l’ai entendu aussi quelques fois le « ça ne servirait à rien à son âge » (mon père a 50ans), je compatis sincèrement. Je suis désolée de voir qu’on abrutit également votre père de médicaments sans chercher plus loin, surtout dans de telles circonstances. J’espère que votre père ira mieux, et que quelqu’un acceptera enfin de considérer son autisme.

        La situation de mon père est complexe, en fait après l’avoir pensé aveugle, sourd puis muet dans son enfance, l’autisme a été envisagé mais les psychiatres ont eu peur qu’il soit stigmatisé (mon père voulait alors entrer dans l’armée en plus) et se sont contenté de dire « présente les symptômes de l’autisme ».
        Toute la famille se raccroche à ça depuis, faisant bien comprendre à mon père qu’à leurs yeux recevoir le diagnostic définitif d’autiste n’est pas du tout la même chose que présenter les symptômes de l’autisme (un genre de « mi-autiste »), et ils montrent bien qu’ils pensent qu’un « vrai » autiste est un débile mental qu’on enferme dans un asile même s’ils affirment le contraire. Donc mon père vit dans la peur d’être un jour diagnostiqué « vrai » autiste à cause de ma famille, il pense qu’il serait traité comme un débile mental, qu’il perdrait tout respect et qu’il se retrouverait enfermé dans un asile de fous (chose que son patron apprendrait immédiatement donc).
        Le problème est qu’il fait la tournée des psy depuis ses 30 ans et que l’autisme revient toujours sur la table, mais aucun n’ose aller jusqu’au bout face à la terreur qu’éprouve mon père devant les réactions de sa famille à ce sujet, et aussi sa conviction qu’il perdrait son emploi.

        J’ai bien tenté de lui expliquer qu’un autiste n’est pas un débile mental (je déteste cette expression qu’on ne devrait jamais utiliser pour quoique ce soit), qu’on ne les enfermait pas dans des asiles, qu’ils avaient tout à fait le droit de continuer à vivre comme ils le désirent, que ce n’était pas une maladie mais plutôt un mode de fonctionnement différent, mais notre chère famille vient toujours tout mettre en l’air en lui racontant n’importe quoi et en jouant sur ses peurs.
        Mon père souffre beaucoup de cette situation, il voit bien qu’il n’est pas comme tout le monde mais il veut absolument l’être parce qu’on lui a enfoncé dans le crâne qu’on était soit comme tout le monde, soit fou, illuminé, cinglé, etc, et surtout enfermé à jamais dans un asile.

        Pardon pour ce long pavé ! Je me rendais pas compte tant que j’écrivais, je suis très très bavarde et me laisse souvent emporter.

        Bon courage à vous et votre père, et merci encore pour votre réponse !

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      • Bonjour Freya, votre père doit drôlement souffrir de devoir autant se conformer aux attentes des membres de sa famille. Peut-être pourrait-il rencontrer un psychiatre spécialisé dans l’autisme qui lui explique les tenants et aboutissants d’un diagnostic. Peut-être pourriez-vous trouver la liste auprès du Centre Ressources Autisme (CRA) de votre région?

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      • Merci encore pour votre réponse !
        J’ai essayé de convaincre mon père de consulter un spécialiste en autisme mais il me rétorque à chaque fois : « avoir les symptômes de l’autisme et être autiste n’ont rien à voir, ça ne servirait à rien et je ne suis pas fou ».
        J’ai pensé que rencontrer des autistes serait une bonne chose, mon père verrait alors qu’ils ne sont pas enfermés dans un asile, qu’ils travaillent ou font des études, bref qu’ils ont le droit de mener une vie normale et qu’ils ne sont pas fous. Mais je sais pas du tout comment m’y prendre, d’autant plus que s’il s’agit d’une conférence sur l’autisme par exemple, mon père refusera d’y aller.

        Je suis en plein doute sur moi même, j’ai été diagnostiquée hpi dans l’enfance (l’autisme a aussi été envisagé un petit moment), mais je gardais l’impression que j’avais encore quelque chose de plus, j’avais l’impression d’être folle et que la douance n’était qu’un détail.
        Je ne me trouvais que quelques petits points communs avec l’autisme et trop de contradictions à côté (je suis très empathique par ex) jusqu’à ce que je découvre des femmes autistes, la ressemblance est énorme.
        Il faut que j’y réfléchisse bien sur, mais si je vais jusqu’au bout et que je m’avère être autiste, je me comprendrais enfin et mon père changerait probablement d’avis, il ne m’a jamais perçue comme une folle incapable.
        Mais c’est assez aléatoire comme solution, j’aimerais trouver un autre moyen pour mon père mais je ne sais même pas par où commencer !

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      • Freya,
        Si vous pensez vous aussi être autiste, alors je vous encourage à faire les demarches pour le diagnostic.Vous pourrez aller de l’avant ensuite.

        Pour votre père, il est difficile de faire les démarches à sa place. Maintenant que vous lui en avait parlé, laisser couler un peu d’eau sous les ponts. Peut-être que votre père va y réfléchir, faire son petit chemin et vous reposera des questions par la suite. Vous avez semé la graine, peut-être poussera-t-elle. Malheureusement, vous ne pouvez pas lui forcer la main.

        Je vous souhaite bon courage pour la suite

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  6. Bonjour, ce petit mot pour vous remercier pour ces mots, ce blog. J’ai découvert le sydrome Asperger il y a 2jours au détour d’un groupe facebook et depuis tout a basculé, j’ai l’impression de retrouver des morceaux de puzzle. Comme Freya je ne sais pas où tout cela me mènera. Pour le moment je n’en ai pas parlé à mon conjoint, peur des réactions que vous décrivez. Je me trompe peut-être, alors je vais continuer à me documenter, et les blogs comme les vôtres sont précieux !

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    • Bonjour Noblinis et merci pour vos encouragements concernant ce blog.

      Prenez le temps de vous documenter, le temps de la réflexion. Quand vous serez intimement convaincu qu’il s’agit du syndrôme d’Asperger, il sera temps d’en parler à votre conjoint. Peut-être serez vous surprise de sa réaction. Peut-être vous dira-t-il  » je m’en doutais déjà un peu mais je n’osais pas t’en parler » ;-). Qui sait?

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  7. Parce que tous nous sommes différents les aspergers le sont entre eux. Je ne suis ni chaleureuse ni empathique, je dois « jouer à l’etre ».Cela ne veut pas dire que je me moque des misères d’autui. Je pense souvent etre indifférente et en fait je suis surprise de la nostalgie qui m’etreint, encore etencore, après la disparition d’une personne. Je me débrouille assez bien pour tenir une conversation, savoir quel sujet aborder-ou pas, parler devant un public resteint ne me géne pas. Je comprends les plaisanteries et j’en fais. Par contre je n’ai jamais pu apprendre à conduire, ni à nager, à peine à faire du vélo. Je me suis mariée pour faire comme la majorité ( déjà qu’autour de moi on me voyait « bizarre »…)Ce fut une catastrophe, j’ai angoissé d’etre enceinte e je n’ai pas pu élever ma fille et on a divorcé. A suivi une descente aux enfers, à cette époque (je suis née en 1947) J’ai connu des psys, été diagnostiquée dépressive, angoissée ,phobique,etc…J’ai et je sJuis toujours « sous » 2 médicaments. J’aime la solitude et le silence. Si on m’ignore, ça m’est un peu égal, du moment qu’on me laisse tranquille. Je sais que mes parents se sont fait des soucis pour moi et ont compris très vite que quelque chose n’allait pas chez leur seconde fille. La famille, les amis, se sont chargés de leur faire remarquer…Ben voyons ! Les enseignants aussi. Ce qu’on ne me pardonnait pas c’était d’etre bizarre avec une intelligence NORMALE .J’etais rejetée, moquée, j’allais mal et ça a duré des lustres ! Je suis très fatiguée de cette vie, des médicaments, de la mentalité en géneral. Il a manqué des choses en moi. Quand un psy de CMP, june, m’a fait parler, tester et qu’il m’a appris que j’avais une forme d’autisme, ça ne m’a pas étonnée. En fait j’ai été un peu déculpabilisée. Comment aurait-on pu m’aider ? On ne peut pas aider les jeunes, en FRANCE, aujourd’hui encore, et je ne suis pas convaincue que c’est mieux ailleurs. Ma chance a été de naitre dans une famille TRES fortunée. Dans ma famille il y a 2 ou 3 cas d’aspergers plus jeunes que moi. IL/ELLES ont réussi fort bien mais n’en parleront JAMAIS de leur autisme. Je les comprends, et ces gns donnent anonymement pour la recherche. C’était mon témoignage, un parm d’autres, et je vous jure que j’aurai bien voulu etre neurotypique. Lenteur, maladresse, fatigue ,je ramais alors que « les autres » volaient. Bonne fin de weekend et MERCI POUR CE BLOG.

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    • Bonjour LyonnaiseDZO,
      Merci pour cet arrêt sur ce blog, vos encouragement et merci d’y avoir laissé votre empreinte!

      Ca me fait de la peine de lire votre témoignage, vos souffrances. J’espère que votre diagnostic d’aspie vous a apporté l’apaisement. Mon papa a votre âge et n’a jamais été diagnostiqué. Il a aussi été moqué et harcelé au travail. Il n’aura jamais de diagnostic.

      Je comprends les gens qui ne parlent jamais de leur autisme surtout au boulot, j’en fait partie. Un jour, je ferai mon coming out professionnel ou pas, on verra. C’est presque une question de courage, même à notre époque.

      Je vous remercie encore chaleureusement d’avoir laissé votre trace ici.

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  8. Bonjour – je passe sur ce blog pour vous apporter tout mon soutien moral. Je ne suis pas directement concernée par l’autisme, mais mes enfants ont été tous les 3 diagnostiqués « précoces ». Quel mauvais terme ! je me heurte aux mêmes réactions que vous, surtout de la part des enseignants : « vous dites n’importe quoi, votre enfant n’est pas meilleur que les autres … votre enfant n’a rien d’un surdoué, il ne suit pas le niveau de la classe … votre enfant ne s’ennuie pas en cours, c’est juste qu’il ne fait rien, il est fainéant … » Et oui, si on n’est pas un génie, on ne nous considère pas comme « précoce » .. d’ailleurs, de plus en plus, on utilise le terme de « Haut potentiel », pour essayer de chasser toutes ces idées fausses qu’entraîne le terme de précoce ou surdoué. Il n’en reste pas moins que mes enfants sont « différents », et qu’ils ont parfois du mal à s’intégrer, surtout dans le cadre scolaire, et que les commentaires les plus courants sont « fumiste », « fainéant » etc … bref c’est leur faute, ils ne font aucun effort etc.
    Quelque soit notre « différence », c’est toujours difficile d’être pris en considération et accepté, si on ne colle pas aux extrêmes qu’on nous présente dans les films ou dans les émissions de « vulgarisation médicale » …
    Bon courage à tous et à toutes

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