Syndrôme d’Asperger et schizophrénie. Similitudes et distinctions.

Pourquoi confond-on syndrome d'Asperger et Schizophrénie?

Pourquoi confond-on syndrome d’Asperger et Schizophrénie?

Pas mal de gens tombent sur mon blog après avoir tapé sous Google  » suis-je schizophrène? ». Comme je l’ai déjà écrit dans une autre article sur ce sujet, je me suis longtemps crue schizophrène. Je suis récemment tombée sur un article qui listait clairement les pseudo similitudes entre le syndrôme et la schizophrénie. J’ai pris le temps de traduire cet article de l’anglais et de le partager ici.

Cet article est une traduction partielle du chapitre 4 intitulé Psychiatrie et syndrome d’Asperger, écrit par Tom Berney et extrait du livre  » Coming out Asperger », édité par Dinah Murray.

Certains troubles psychiatriques sont suscpetibles d’être confondus avec le syndrome d’Asperger. Parmi ceux-ci, on rencontre la schizophrénie, les troubles obsessionnels-compulsifs, le trouble de personnalité dissociale, les troubles d’hyperactivité et de l’attention, l’épilepsie et les handicaps développementaux.
Jusqu’aux années 70, l’autisme et la schizophrénie étaient considérés comme deux visages de la même psychose pour laquelle l’âge auquel elle apparaissait avait une influence sur l’intensité et la variété des symptômes. Bien que leur distinction soit clairement établie de nos jours, leurs présentations cliniques variés soulève le débat à savoir si l’autisme prédispose un individu à la schizophrénie. Les études qui en découlent tendent à montrer que non mais que l’autisme ne protège pas contre la schizophrénie puisque dans certains cas, les deux troubles peuvent coexister.

La schizophrénie est caractérisée par des changements dans la façon de raisonner ( perte de contrôle et de cohérence, apparition des délires), de percevoir ( hallucinations couramment observées mais pas de façon constante), dans le ton émotionnel ( émotions peu intenses ou inapropriées). Il se peut qu’apparaissent aussi des changements dans l’acte volontaire ( la capacité à traduire la penser en acte) accompagnée d’une certaine inertie, d’un négativisme et de mutisme et d’une étrange posture. La schizophrénie peut se présenter sous la forme d’un seul épisode mais qui peut être aussi récurrent ou encore sous forme d’un trouble continu qui peut durer sur une très longue période et fluctuer dans sa séverité. Elle se présente sous tellement de formes différentes qu’il est difficile de généraliser. Toutefois, lorsque les symptômes négatifs ( apathie, retrait social, réduction du discours, lissement des réactions émotionnelles) dominent le tableau, elle peut devenir indiscernable de l’autisme à moins quele clinicien prenne en compte tous les éléments qui ont amenés à développer ce trouble et ce, sur toute la vie du patient. De façon générale, l’autisme est plus prononcé dans la petite enfance alors que la schizophrénie l’est plus en fin d’adolescence et début se l’âge adulte. L’autisme a tendance à s’améliorer avec l’âge au contraire de la schizophrénie qui va dégénerer en schizophrénie résiduelle avec la disparition des symptômes positifs ( délires, hallucinations) pour laisser place aux symptômes négatifs qui ont pour conséquence de rendre la personne lente, passive, dans un état de « burn-out » ce qui peut faire penser au syndrome d’Asperger. Réciproquement, les symptômes dans le syndrôme d’Asperger peuvent être trompeurs et passer pour psychotiques à certains moments:

-Quelqu’un qui a du mal à communiquer sur ses états internes, sur ses pensées sera parfois amené à les décrire comme des hallucinations.

– Des réponses incomplètes peuvent être entendues comme une symptomatologie psychotique. Par conséquent, par concordance simple, si on met de côté les circonstances, les moqueries et la victimisation quotidiennes peuvent être interprété comme un délire de persécution.

– Une forte stimulation peut produire un état psychotique aigü passager avec des hallucinations et des troubles du raisonnement.

-Il existe une difficulté pratique qui rend difficile l’appréciation des connaissances d’un individu sur certains sujets. Cette difficulté d’ordre pratique peut résulter en un discours hors de propos qui est similaire aux troubles de la pensée schizophrène.

-l’impassibilité, le manque de sensibilité et un manque de conscience de climat émotionnel peut ressembler à un affect diminué et déphasé. Cependant, cela ne veut pas dire que l’expression émotionnelle de la personne est réduite mais que l’individu n’arrive pas à ressentir ce que les
autres ressentent.

– la symptomatologie catatonique qui comprend un manièrisme et des postures étranges, le fait d’être figé ou d’initier des mouvements peut apparaître dans le syndrome d’Asperger mais aussi dans beaucoup d’autres troubles neuropsychologiques ainsi que dans la schizophrénie.

– une réaction lente et peu motivée à une tâche qui a été demandée peut apparaître comme un manque de motivation.

– dans le cas du syndrome d’asperger et de la schizophrénie les symptômes peuvent s’améliorer avec la prise de neuroleptiques.

Historiquement, les confusions conceptuelles ont pour origine l’échantillon originel utilisé à Edinbourg pour caractériser la personnalité schizoïde qui était un groupe d’enfants par la suite assimilés au syndrôme d’Asperger. Une proportion conséquente d’entre eux a developpé la schizophrénie mais il est probable que le groupe ait comporté à la fois des enfants à la personnalité schïzoïde preschizophrène ainsi que des enfants atteints du syndrôme d’Asperger.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s