Mon père, cet autiste.

 

Mon père. cet autiste non diagnostiqué

Mon père, cet autiste non diagnostiqué

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon père mais je ne l’ai pas appelé pour le lui souhaiter. Il est dans une maison de repos depuis qu’il a fait plusieurs AVC et denombreuses crises d’epilepsie bref depuis qu’il n’a plus toute sa tête. Mon père et moi c’est chien et chat. J’ai compris pourquoi c’était ainsi  il y a environ un an et demi quand j’ai entrepris mes recherches sur le syndrome d’Asperger.

Quand j’ai compris qu’il y avait une composante génétique dans l’autisme et que mon père était sûrement Asperger lui aussi. J’ai compris qu’il nous était difficile d’être dans la même pièce car tout simplement, nous étions semblables. Inconsciemment, nous nous reflétions nos faiblesses et nos bizarreries.

Aujourd’hui, au vu de son état mental, je sais qu’il ne sera jamais diagnostiqué, que même si je lui dis, je lui explique, il ne comprendra pas. Ses médecins me disent, résignés:  » de toutes façons, à quoi ça sert maintenant? ».

Il aura vécu une vie d’autiste sans le savoir. Il aura vécu incompris, persécuté par ses collègues, détestés de ses enfants.

Injustice. Je pleurs.

Je me rends compte à quel point j’ai de la chance de savoir qui je suis et pourquoi je suis comme cela.

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3 réflexions sur “Mon père, cet autiste.

  1. Bonjour, merci pour votre témoignage. Moi aussi je pense que suis asperger mais je n’ai jamais eu le courage d’aller me faire diagnostiquer. Je pense que mon papa l’est aussi. Il a toujours été indifférent à ses enfants, pas un bisou, pas un câlin. Il passait ses journées enfermé dans son salon seul et il aimait ça. Sans ma mère il ne saurait pas se débrouiller, elle fait tout pour lui. Il adore les animaux. Par contre son grand défaut c’est qu’il est très colérique, il se met dans un état effroyable dès qu’il est contrarié. Et ses colères m’ont traumatisée, j’ai toujours eu très peur de lui à cause de ça et je ne lui ai jamais mais jamais adressé ne serait ce qu’un seul mot de ma vie.

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    • Bonjour Sophie,

      J’ai l’impression, en vous lisant, que vous parlez de mon propre père. Il pouvait rester à nous ignorer pendant des jours mais se mettait dans des colères noires si l’un d’entre nous claquait une porte ou criait. Je craignais ses violences étant jeune.

      Je comprends que les démarches et les délais pour le diagnostic vous semble longs et difficiles mais il peut vraiment vous aider. Tout d’abord à vous sentir mieux en culpabilisant moins et puis parce qu’il peut aider à mettre au jour d’autres pathologies. Il permet également d’être accompagné et d’avoir accès à certaines aides pour l’emploi notamment.

      Merci encore d’avoir laissé un commentaire, ça me fait chaud au coeur!

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  2. Bonjour, serait-ce aussi mon cas? Mon père, aujourd’hui à la retraite, a eu de hauts postes dans l’administration, des fonctions à responsabilité. Et pou tant je le soupçonne d’être autiste. Beaucoup de froideur, tant à l’égard de sa femme que de ses enfants. Incapacité maladive à montrer une parole ou un geste d’affection. Il était capable de piquer des colères noires lorsque nous étions enfants et que quelque chose le dérangeait. Ma mère était traitée comme sa servante, toujours critiquée parce que le potage était trop chaud, trop froid ou pas assez salé. Il n’a jamais eu aucun ami. Il était très moqueur (par exemple lorsque nous sommes invités chez ma tante à Noel qui se donne beaucoup de mal. Il ne cesse de tout critiquer, du vin aux mets, devant tout le monde. Tout le monde est consterné mais ne dit rien). J’en ai beaucoup souffert. J’en souffre encore aujourd’hui. J’ai longtemps pensé qu’il était timide, puis insensible. Aujourd’hui, je ne sais plus. Paradoxalement lorsque j’ai eu à un moment des problèmes bien précis (dans mes études, puis problème de voiture), il était très présent. Il est capable (mais de moins en moins, sans doute un effet de l’âge) de se passionner pour les voyages, l’actualité). Aujourd’hui encore, à 40 ans passé, je tente de quémander son affection, je n’y parviens pas et n’y parviendrai sans doute jamais.

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