« C’est maman qui… »

Lorsque votre ami, votre frère ou votre soeur, votre collègue devient parent, un phénomène étrange se produit: elle/il oublie les pronoms personnels et s’adresse à sa progéniture à la troisième personne. Je suis sure que vous comprenez de quoi je veux parler. Voici un exemple: une jeune mère s’adresse à son enfant de 2 ans devant un passage pour piétons: « Tu donnes la main à Maman et c’est Maman qui dit quand traverser! ». Bon, ça marche bien sur aussi avec le papa sans oublier les papis/mamis qui s’y mettent aussi. C’est valable aussi chez les étrangers « Smile to Mommy ». Cela semble donc être un usage universel. Mais, encore une fois, c’est pour moi, maman Asperger, un phénomène totalement énigmatique et incompréhensible.

De l'usage des pronoms personnels avec ses enfants

Tu donnes la main à maman et c’est maman qui dit quand traverser.

Je n’ai jamais pratiqué le, « c’est Maman qui donne/décide/fait… ». Je ne juge pas les parents qui font ça, finalement, ça à l’air d’être naturel, instinctif. C’est juste que je ne comprends pas pourquoi ils le font. Pourquoi s’adresser à son enfant avec de drôles de tournure de phrase sachant qu’elles seront abandonnées quand l’enfant aura environ 4/5 ans. Est-ce que cela a été prouvé scientifiquement que, ne pas employer les pronoms personnels auprès des enfants, permettait de mieux se faire comprendre d’eux?

Je crois que j’ai vraiment une approche différente. Ca doit être mon coté autiste Asperger. Plutôt que de dire à ma fille Marianne devant le passage piétons  :  « Tu donnes la main à Maman et c’est Maman qui dit quand traverser! ». Je lui dit :  » Tu vois Marianne, ici c’est le trottoir et là c’est la route. Tu vois les voiture qui roulent très vite, et bien elles sont dangereuses pour nous qui sommes à pied. Heureusement, il y a des endroits où on peut traverser la route sans trop de danger, ce sont là où des lignes blanches sont dessinées au sol. Mais, même, à ces endroits spéciaux pour les piétons,  il faut quand même regarder avant de traverser et surtout, ne pas courir. Comme pour le moment tu es trop petite pour faire attention à toutes les voitures, c’est moi qui prend la décision du moment où nous traversons et comme je ne veux pas que tu te mettes à courir sur la route, je veux que tu me tiennes la main. » OK, ca y est, ca sonne dingue quand je l’écris. Une fois ce message répeté deux ou trois fois, je lui dis juste :  » Marianne, nous allons traverser la route des autos. Et ca, qu’est-ce que c’est? – Le passage pour les piétons, les gens comme nous qui marchent. -Oui et qu’est-ce que tu dois faire? – Je dois te donner la main car c’est dangereux. » Un autre exemple: plutôt que de lui dire « Souris à maman », je lui dis plutôt  » J’aime voir tes sourires. Pourrais-tu m’en faire? »

J’ai demandé la signification de tout cela à mon conjoint (neurotypique, je le rappelle pour les nouveaux lecteurs), qui pratique parfois le « c’est papa qui » . Il m’a d’abord répondu qu’il ne s’était jamais posé la question. En y réfléchissant, il m’a dit que les gens pensaient, sans doute,  mieux se faire comprendre de leurs enfants en bas âge en parlant de cette manière.

Y’a-t-il une maman/un papa neurotypique ou une aspie qui ne s’addresse pas à son bambin à la troisième personne qui pourrait m’apporter son témoignage. Et vous comment faites-vous?

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